Le Premier ministre Navin Ramgoolam est sorti de son silence sur la bande sonore controversée attribuée à Jean Carl Élysée, conseiller au Prime Minister’s Office. Face aux questions de la presse, il a dénoncé ce qu’il considère comme des « méthodes de la mafia », tout en affirmant que Jean Carl Élysée lui a personnellement assuré que la bande sonore était fausse. Le chef du gouvernement appelle désormais à laisser l’enquête déterminer les faits.
Évoquant le timing de la diffusion de cette bande sonore, Navin Ramgoolam a lancé une charge particulièrement sévère contre le MSM, comparant les méthodes qu’il lui attribue à celles utilisées par la mafia.
« C’est la méthode de la mafia. Partout dans le monde, la mafia opère comme ça », a-t-il déclaré. Le Premier ministre a ensuite accusé le MSM d’avoir, lorsqu’il était au pouvoir, utilisé arrestations, intimidations et représailles contre ses adversaires. Selon lui, ces pratiques feraient partie du « système MSM ».
« Carl me dit que c’est faux »
Sur la question centrale de l’authenticité de la bande sonore, Navin Ramgoolam affirme avoir directement parlé à Jean Carl Élysée. Selon le Premier ministre, celui-ci conteste être l’auteur de la conversation qui lui est attribuée. Le Premier ministre n’a toutefois pas présenté cette version comme la conclusion de l’affaire. Il a renvoyé la question de l’authenticité de l’enregistrement à l’enquête en cours, estimant que celle-ci devra faire la lumière sur les faits. Ramgoolam a également évoqué la possibilité de contenus manipulés, rappelant qu’il avait lui-même déjà été confronté à des enregistrements ou contenus présentés comme authentiques alors qu’il affirme qu’ils étaient faux.
Ramgoolam défend la FCC
Le Premier ministre a parallèlement apporté un soutien appuyé à la Financial Crimes Commission. Il estime que certaines attaques actuelles chercheraient à « décrédibiliser » et « déstabiliser » la FCC, voire à intimider sa direction afin, selon lui, de freiner certaines enquêtes. Navin Ramgoolam s’est notamment interrogé sur les motivations derrière ces attaques, évoquant les enquêtes portant sur des crimes et le trafic de drogue. « FCC pé fer enn bon travay », a-t-il affirmé, assurant que les investigations doivent pouvoir se poursuivre sans interférence politique.
Le chef du gouvernement a surtout insisté sur un principe : la police et les institutions doivent pouvoir enquêter indépendamment, y compris lorsque des personnes proches du pouvoir sont concernées. Il affirme n’avoir donné aucune instruction pour empêcher ou orienter une enquête depuis son retour au poste de Premier ministre.
