Raz-de-marée : le Labour triomphe, les conservateurs sombrent
Le Parti travailliste a réalisé ce qui était impensable il y a encore cinq ans : reprendre la tête du pays après 14 années de gouvernement conservateur, alors que les tories enregistrent la pire défaite de leur histoire.
Sur la BBC, les présentateurs et invités n’avaient pas de mots assez forts. C’est «une météorite électorale», un résultat «extraordinaire» sur lequel personne n’aurait parié il y a cinq ans, une nuit «dévastatrice» pour les conservateurs, qui avaient récupéré 365 sièges lors des dernières élections en 2019, et n’en conservent plus que 136. Le Labour avait besoin de 326 sièges pour gagner une majorité absolue a obtenu 410 sièges.
Pour le gouvernement sortant, l’humiliation est totale. Les députés tories restent stoïques, préparés depuis longtemps à leur déconfiture. Des ténors du parti ont perdu des sièges plus que sûrs, sur lesquels ils avaient pourtant concentré une campagne défensive. L’ancien fief de Margaret Thatcher est passé aux mains du Labour. La secrétaire d’Etat à l’éducation Gillian Keegan a perdu une circonscription tenue depuis plus d’un siècle. Penny Mordaunt, pressentie pour reprendre la tête des tories dans un futur proche, ne retournera pas au Parlement, tout comme les Brexiteurs-en-chef Jacob Rees-Mogg et Steve Baker, pourtant figures majeures de la vie politique britannique depuis 2010.
Les deux anciens sièges des deux anciens Premiers ministres David Cameron et Theresa May sont repris par les libéraux-démocrates. Quant à l’ancienne et très brève (42 jours) Première ministre Liz Truss, elle perd aussi son siège au profit du Labour, alors qu’elle détenait une majorité de plus de 20.000 voix. Pas moins de onze ministres ont perdu leur place – un record jusqu’alors établi à sept lors de l’élection de Tony Blair en 1997.
